samedi 29 septembre 2012

Partage chanson-vidéo- Prélude pour un sourd



Bonjour, je vous partage un montage vidéo que j'ai complété à partir d'une de mes vieilles chanson Prélude pour un sourd.... Le message de cette chanson serait approprié lors de différentes activités entourant la prévention de l'intimidation par exemple.... à faire circuler dans vos réseaux, si vous le jugez pertinent.

http://www.youtube.com/watch?v=e2xxCjy10eI&feature=youtu.be

samedi 21 avril 2012

Manifestations étudiantes... Est-ce que les frais de scolarité ont un impact réel sur la décision de poursuivre des études postsecondaires


La situation concernant les manifestations étudiantes au Québec, vous avez des opinions, des idées ? Difficile de trancher mais impossible d'être indifférent...

Une scolarité au-delà du niveau secondaire constitue un investissement important mais qui est à la fois judicieux. Cet investissement procure à l’individu et à la société de nombreux avantages qui ne sont pas expliquer. L’éducation postsecondaire permet à l’individu d’accroître son revenu au cours de sa carrière et d’obtenir un emploi plus stable, ce qui est souvent mentionné comme la source d’une satisfaction professionnelle et une meilleure qualité de vie. Un investissement qui en vaut le coût ou plutôt, qui en vaut le coup, pour les étudiants qui manifestent présentement un peu partout au Québec.

Est-ce que les frais de scolarité ont un impact réel sur la décision de poursuivre des études postsecondaires au Québec?

Je me permettrai d’en douter…

Malgré des frais de scolarité beaucoup moins élevés au Québec, selon les calculs de Statistiques Canada, le taux de décrochage du Québec, est le plus élevé au pays à 11,7% en comparaison à 7,8% pour l’Ontario et de 6,2% pour la Colombie-Britannique. Voici quelques comparaisons…. Mes trouvailles sur www.statscan.gc.ca Allez faire un tour. http://www.statcan.gc.ca/tables-tableaux/sum-som/l02/cst01/educ50f-fra.htm

En 2011-2012, au Québec, il coutait 2711 $ pour défrayer les frais de scolarité pour un étudiant du premier cycle en médecine tandis qu’il en coutait 19 462$ pour un étudiant de la même discipline en Ontario, 12 921 en Saskatchewan et 15 766 en Colombie-Britannique. La moyenne canadienne se situe à 11 345. Pour faire des études en éducation la moyenne canadienne est de 3970 $, 5745 en Ontario, 4557 $ en Colombie-Britannique et de 2287$ au Québec.

Pour l'année 2009-2010, 85,4 % des jeunes Québécois âgés de 20 à 24 ans sont diplômés, ce qui confère à ce niveau le dernier rang à la province de Québec. La Colombie-Britannique est bonne première avec un taux de diplomation de 92,7 %, suivie de Terre-Neuve-et-Labrador avec un taux de 92,5 % et l’Ontario à 91%

Au cours de la période allant de 1992 à 2005, plus d’un demi-million de personnes ont obtenu un diplôme universitaire du Québec. Près des deux tiers (61,5 %) de celles-ci ont reçu leur diplôme dans des universités de la région de Montréal, tandis que plus du quart (27,6 %) l'ont reçu d’une université anglophone.

L’Ontario est la province qui a généré le plus grand nombre de titulaires de diplôme universitaire au cours de la période allant de 1992 à 2005 (949 656 personnes diplômées).

Malgré des frais de scolarité élevés, l’Ontario est la province qui a généré le plus grand nombre de titulaires de diplôme au cours de la période allant de 1992 à 2005 (949 656 personnes diplômées). Cette province comptait plus de titulaires de diplôme que l’ensemble des trois autres provinces réunies, soit l’Alberta, le Québec et la Colombie-Britannique.

Source : Gélinas, P (2010), Portrait- titulaires d’un diplôme universitaire au Québec et dans certaines provinces canadiennes 1992-2005, Développement économique, Innovation et Exportation Québec.


Décrochage universitaire et postsecondaire.
(Source : Statistique Canada – No 81-595-M no 070 au catalogue)

Il est intéressant de constater que de toutes les provinces canadiennes, c’est le Québec qui affichait le taux de décrochage universitaire le plus faible (11% et 15 % pour l’Ontario) et l’un des taux d’obtention du diplôme collégial les plus élevés. Cependant le taux de décrochage lors des études postsecondaires demeure très élevé. Étant donné qu’au Québec il est généralement requis d’obtenir un diplôme auprès d’un CEGEP pour pouvoir entrer à l’université, il est très possible que le décrochage ait lieu au début du processus, le plus souvent après le CEGEP.

Appui et engagement parental
Des études précédentes ont également démontré que l’éducation des parents avait un impact sur la participation aux études postsecondaires. Le taux de participation aux programmes universitaires des étudiants dont les parents possédaient un diplôme d’études postsecondaires était près de trois fois supérieur au taux de participation des étudiants dont les parents n’avaient pas de diplôme d’études secondaires. Le taux de participation aux études universitaires était près de quatre fois supérieur lorsque les parents estimaient que les études postsecondaires étaient importantes.

Structure familiale
Le taux de décrochage universitaire des étudiants vivant avec les deux parents biologiques était à 16 % comparativement à 14 % pour les décrocheurs vivant dans une famille monoparentale. Une différence de deux %.

L’expérience positive du secondaire.
Une expérience positive au secondaire peut être importante au niveau de l’engagement au postsecondaire. Un engagement positif au secondaire était important en ce sens qu’il entraînait des résultats positifs au niveau postsecondaire. Le taux de participation aux études universitaires était deux fois plus élevé chez les étudiants qui avaient consacré plus de trois heures par semaine aux travaux scolaires quand ils étaient au secondaire. Les habitudes en matière d’apprentissage se développent tôt et elles persistent souvent avec la progression des études.

En comparaison avec les résidents de l’Ontario, seuls les jeunes adultes du Québec présentaient des probabilités significativement plus élevées de se retrouver avec un statut général de décrocheur du postsecondaire. Ce risque était plus grand chez les étudiants du collégial. En raison du réseau de CEGEPs du Québec, unique en son genre, et de l’obligation de poursuivre des études dans un collège avant d’entrer à l’université, il semble que les  jeunes adultes décrochent au collégial avant d’entrer à l’université. Les étudiants des collectivités rurales étaient plus susceptibles d’avoir abandonné toutes les formes d’études postsecondaires analysées.

Les femmes, ceux qui avaient un prêt étudiant, ceux qui avaient déclaré des notes au secondaire dans les catégories de 90 % et plus ou de 80 % à 89 %, et ceux dont les parents avaient complété des études postsecondaires présentaient tous des probabilités plus faibles d’avoir un statut général de décrocheur.

La journée rose dans une école de Hawkesbury


jeudi 19 avril 2012


Le saviez vous ?

L’intimidation dans la cour d’école se produit 1 fois toutes les 7 minutes et chaque épisode dure environ 37 secondes. (Craig & Peper, 1997)

L’enfant victime d’intimidation:
-compte peu de relations lui permettant de vivre une expérience positive d’identité, de pouvoir et d’autonomie personnelle:
-a des parents parfois trop protecteurs.
-est victime d’intimidation à la maison.
-compte peu d’amis à l’école ou dans le voisinage.
-a des professeurs qui ignorent tout de ses forces et de ses défis et qui ne peuvent, de ce fait, répondre à ses besoins.
-a rarement l’occasion de briller et de montrer ses talents à la maison et à l’école.

Environ 12% des filles et 18% des garçons affirment avoir intimidé leurs pairs au moins à deux reprises au cours des derniers mois. De plus, 15% des filles et 18% des garçons disent avoir été victimes d’intimidation au    moins à deux reprises au cours de la même période (Craig & Harel, 2004).



lundi 16 avril 2012

La sécurité des enfants sur le WEB


La sécurité des enfants sur le WEB
4% des enfants utilisateurs de Facebook auraient moins de 6 ans.
C'est le résultat d'une étude faîte par l'organisme Minor Monitor. Chargé de la protection des mineurs sur Facebook, la société a réalisé une analyse sur l'utilisation du célèbre réseau social par les enfants. Avec un échantillon de 1000 parents américains, l'organisme a déterminé qu'un nombre non négligeable d'enfants ne respectaient tout simplement pas les conditions d'utilisation de Facebook. 



Plus précisément, ce sont 38% des enfants présents sur le site qui ne respectent pas les conditions minimales d'âge, et qui ont donc moins de 13 ans. Pire encore, ils seraient 4% à déjà disposer d'un profil Facebook alors qu'ils ont moins de 6 ans. Des comptes souvent créés par les parents afin de partager les photos et nouvelles avec les amis et la famille. 

Néanmoins les parents semblent soucieux de la sécurité de leurs enfants puisque 74% d'entre eux se sentiraient responsables. Ils sont 56% à se soucier de la présence de prédateurs sexuels, 41% de la cyber-intimidation et 29% du vol d'identité. Pour lutter contre ça, la moitié des parents surveillent leurs enfants en se connectant à leurs comptes, 24% sont amis avec eux, 8% veillent sur l'écran, et 17% ne font rien.

mercredi 4 avril 2012

La journée nationale contre l’intimidation au CEPEO.



Le 11 avril, opposez-vous à l’intimidation avec le CEPEO.
Portez du rose.


Cette année, le CEPEO et les membres de l’équipe du volet Bien-être et sécurité des élèves; désirent vous inviter à joindre le mouvement et à porter du rose en guise de symbole de notre et votre engagement pour prévenir et contrer l’intimidation dans les écoles et dans nos communautés.

L’événement de la journée rose; est un mouvement national qui vise à contrer l’intimidation, qui, malgré toutes les initiatives et activités de prévention et de sensibilisation organisées dans nos écoles, est un phénomène qui peut se manifester dans nos écoles, nos milieux de travail et de plus en plus dans le cyberespace. 

La première journée rose; a eu lieu en 2007 après que deux adolescents de la Nouvelle-Écosse aient pris position contre des jeunes pratiquant l’intimidation dans leur école en encourageant les élèves à porter des chandails roses pour appuyer un élève qui faisait l’objet d’intimidation.

En profitant de la même occasion, nous vous encourageons également lors de cette journée, à organiser une ou des activités spéciales dans vos écoles et à communiquer avec les parents et les membres de votre communauté scolaire afin de leur communiquer votre engagement et de leur demander d’appuyer vos efforts.

La sécurité et le bien-être des élèves c’est une responsabilité commune. Vous pouvez consulter le site suivant mais il n’y a pas beaucoup d’information en français http://www.dayofpink.org/fr. Nous vous invitons également à partager vos idées avec nous ou avec vos collègues et à faire connaître vos activités à l’ensemble de la communauté.

Pourquoi ?

La violence à l’école affecte tout le monde. En plus des impacts négatifs sur le climat scolaire et sur la réussite des élèves, voici quelques effets de la violence en milieu scolaire sur les élèves :

Chez les victi mes

  • Les victi mes peuvent se faire une opinion négati ve du milieu scolaire et user de stratégies d’évitement (absentéisme scolaire) pour réagir à un fort senti ment d’insécurité.
  • Leur engagement et leur moti vati on scolaire peuvent être affectés.
  • Les foncti ons cogni ves telles la mémoire, la concentra on et les capacités d’abstrac on peuvent être altérées.
  • Leurs résultats scolaires risquent d’être inférieurs à la moyenne.
  • L’expositi on « répétée » aux actes de violence peut entraîner d’importantes difficultés scolaires et psychologiques en restreignant l’esti me de soi, augmentant le niveau d’angoisse, le risque d’échec et d’abandon scolaires.
  • Le risque est plus élevé de développer des problèmes de comportement de type intériorisé (p. ex.: état dépressif, retrait social, dépendance), affectant la qualité de l’adaptation sociale et scolaire

Chez les agresseurs/intimidateurs

  • Le risque d’échec et d’abandon scolaires est plus élevé que chez les autres élèves.
  • Ils sont plus anxieux et présentent davantage de symptômes dépressifs que les autres élèves.
  • Ils deviennent victi mes de leurs propres comportements, puisqu’ils peuvent être isolés et rejetés par leurs pairs.
  • Les difficultés d’apprenti ssage et les retards scolaires ont tendance à être plus grands chez les élèves qui présentent des comportements agressifs que chez ceux qui manifestent des comportements de type intériorisé comme s’isoler socialement.

Chez les témoins

  • Une exposi tion à la violence peut affecter leur sentiment de sécurité à l’école.
  • Les risques de dépression sont plus élevés chez les élèves dans les écoles à haut niveau de violence.
  • Ils sont susceptibles de manifester des symptômes de stress post-traumatique et d’anxiété.
  • Une étude menée récemment par Janosz et ses collaborateurs (2008) conclut que les élèves témoins de violence à l’école seraient plus à risque de développer des comportements violents et des problèmes d’adaptation scolaire que les vic mes elles-mêmes.
Comme nous pouvons le constater, la violence marque considérablement le cheminement scolaire du jeune. La mise en place d’actions efficaces pour la prévenir et la traiter prend ici tout son sens.

            Tout le monde a le droit de se sentir en sécurité

Programme Fluppy un programme d'entraînement aux comportements sociaux


Programmes d’entraînement aux comportements sociaux : Programme Fluppy au préscolaire et Programme Fluppy première année. 

Programme super intéressant. 






Avril et sécurité dans les écoles, un mois bien important


En matière de sécurité dans les écoles, le mois d'avril est une période bien spéciale . Suite à la fusillade qui a eu lieu hier, le 3 avril à Oakland et qui a fait 7 morts, j'ai pensé vous envoyer un peu d'infos pour vous informer et vous proposer
 d'être un peu plus vigilants que d’habitude. N’hésitez pas à communiquer avec nous si vous avez des questions ou des inquiétudes à ce sujet à jean-francois.thibodeau@cepeo.on.ca ou didakto.d@gmail.com .

Le 2 avril 2012 - Fusillade Oakland 7 morts.  Un homme a abattu sept personne dans une université d'Oakland, en Californie. Il aurait agi pour se venger de son expulsion au mois de novembre, selon le Mercury de San Jose. Il aurait été victime d'intimidation.

Plus près de chez-nous, le 19 avril 2011 un homme armé d'une carabine était arrêté, alors qu'il se trouvait dans une classe de l'école primaire dans le secteur de Buckingham, à Gatineau. Personne n'a été blessé. L'homme, âgé d'une trentaine d'années, n'a pas résisté à son arrestation, qui s'est faite devant les élèves de la classe. Les élèves ont été séquestrés à l'intérieur de l'école pendant plusieurs minutes après l'arrestation, le temps que les agents sécurisent les lieux. Les 430 élèves de l'école ont eu accès à des psychologues et des membres du personnel de l'école, qui se sont efforcés de les rassurer. 

Le 20 avril, c’est 4:20 ou 4/20 (prononcé four-twenty en anglais) comme une référence discrète à la consommation de cannabis.  Le 4/20 désigne aussi le moment de la journée où il est 16:20 (4:20 pm), moment propice, selon l'expression, pour fumer un joint. Le 4/20 est aussi l'appellation des divers rassemblements spontanés qui ont lieu à plusieurs endroits dans le monde, à 16:20 le 20 avril (à 4:20h le 20 du 4ème mois), où les participants fument le cannabis. Donc à surveiller, peut-être que certains élèves participeront à des événements organisés. Peut-être surveiller vos sites FB, Twitter…ou encore les symptômes de la fièvre des  foins !! Les bourgeons sortiront plus tôt cette année. 

La fusillade de Columbine s’est produite le mardi 20 avril 1999 à l’intérieur de l’école secondaire de Columbine près de la ville de Littleton dans le comté de Jefferson, État du Colorado, aux États-Unis.

Deux étudiants, Eric Harris et Dylan Klebold, commettent un massacre, tuant 12 élèves, un professeur, et blessant 24 autres étudiants plus ou moins grièvement dont trois qui tentaient de s’enfuir. À la suite de cette fusillade, Harris et Klebold se suicident, faisant de cet événement le quatrième massacre le plus meurtrier perpétré dans une école aux État-Unis, après l’attentat de Bath Consolidated School en 1927, la fusillade de l'université Virginia Tech en 2007 et le massacre de l’université du Texas en 1966. C’est en revanche la fusillade la plus meurtrière réalisée dans une école.

Le massacre a eu un grand impact aux États-Unis et créa une psychose so ciale sur le terrorisme, sur les lois de contrôle des armes à feu, la disponibilité de ces armes, la sécurité dans les écoles, et l'impact des jeux vidéo, de la musique et des films considérés comme violents aux États-Unis

Le choix de la date

En raison de l'ambiguïté des traces écrites de leur planification, de nombreuses théories existent encore sur le choix de la date. Une théorie affirme que la date initialement choisie était le 19 avril. Cette date correspondait à l'anniversaire de l'attentat d'Oklahoma City et l'immolation des « Branch Davidians » à Waco. Les deux adolescents avaient en effet mentionnés dans leur vidéo qu'ils voulaient « faire mieux » que ces deux évènements. Cependant, en raison des retards dans la fabrication des bombes au propane et à l'acquisition des munitions, la date a été reportée au 20 avril. Cette date coïncide avec l'anniversaire d'Adolf Hitler conduisant à des spéculations selon lesquelles les deux étudiants étaient des néo-nazis

Taber, Alberta- Canada   
La fusillade de W. R. Myers High School est une tuerie scolaire qui eut lieu le 28 avril 1999 à l’école W. R. Myers, dans la ville de Taber, dans l'état d'Alberta. Un garçon de 14 ans avait visé trois élèves et tué Jason Lang. Cette fusillade se déroula huit jours après la fusillade du lycée Columbine

Fusillade de l'université Virginia Tech                                                                              
La Fusillade de l'Université Virginia Tech, qui s'est déroulée le 16 avril 2007 sur le campus de l'université Virginia Tech, à Blacksburg dans l'État de Virginie a fait trente-trois morts dont l'auteur des coups de feu.

Allemagne                                                                                                                                                
 Le 26 avril 2002, en Allemagne, 16 personnes (12 enseignants et 4 élèves) sont tuées  dans un collège par un jeune de 19 ans

Rio de Jeneiro , 7 avril 2011
Wellington Oliveira, âgé de 23 ans, s’est suicidé après avoir commis un massacre, le 7 avril, dans l'école de Rio de Janeiro, au Brésil, où il est allé durant son enfance. Des vidéos, des photos et des documents écrits laissés par l'homme qui a abattu 12 élèves d'une école publique ont été dévoilés vendredi, et l'ensemble révèle un homme en colère victime de délire, dont les messages confus ressemblent en partie à ceux laissés par l'étudiant de Virginia Tech qui a tué 32 personnes en 2007

À bientôt

JF

mardi 3 avril 2012

Symposium Apprentissage électronique Ontario

Bonsoir à tous et à toutes

Je donne une conférence portant sur la cyberintimidation demain au Symposium Apprentissage électronique Ontario au Centre des Congrès à Ottawa à 8h45. J'ai bien hâte de rencontrer tout le monde !!

jeudi 1 décembre 2011

Prévention de l'intimidation: une responsabilité commune



L’impact du silence et de l’inaction des adultes témoins qui sont responsables de veiller à la sécurité de tous et chacun est désastreux pour les victimes. Dans cette situation, les enfants souffre-douleur sont responsables de leur propre protection et s’enlisent un peu plus à chaque jour dans un désespoir lourd de conséquences, dans l’humiliation et dans la souffrance. Nous comme enseignant, nous ne sommes peut-être pas responsables de cette situation mais nous avons tous une responsabilité devant ce phénomène.

Dans un contexte scolaire, ces actes ne favorisent en rien le climat scolaire sécuritaire, ni les liens sociaux, ni la coopération et encore moins l’amitié qui sont des facteurs nécessaires à l’apprentissage. Le développement doit se faire avec le contact de l’autre. Pour se développer un individu a besoin d’un entourage sécuritaire, de personnes empathiques et de constellations de déterminants qui changent au gré des saisons de la vie.

Selon Boris Cyrulnik, le climat affectif est trop souvent oublié quand on s’intéresse au développement de l’enfant.

<< Il faut envelopper un enfant de la vie quotidienne car le climat affectif et de sécurité augmentent la production de sérotonine et de dopamine qui ont des effets sur le développement physique, psychique et sur l’apprentissage. L’enfant a besoin de protection et de figures d’attachement sécurisantes  pour assurer son développement et pour découvrir le monde des choses. Le contraire est un tapis roulant vers la dépression.>>. Cyrulnik 2008

L’école doit être consciente de l’importance de son rôle qui va au-delà de la pédagogie. L’école doit être un déterminant dans la constellation affective et dans le développement de l’enfant mais elle doit également dans des cas de blessures et de traumatismes qui soient liés à l’intimidation, être un tuteur de résilience. C’est-à-dire, de devenir un substitut de sécurité afin de permettre à des enfants blessés de se remettre sur pieds et de reprendre leur vie.

Négliger de mettre en place un climat sécuritaire à l’école qui est  nécessaire à l’apprentissage, négliger les interventions qui soient vraiment efficaces dans les cas d’intimidation place l’école dans le camp des complices et des intimidateurs.
L’ignorance et le silence encouragent ainsi l’intimidation et donne encore plus de pouvoir aux tyrans de la cour d’école.

Une autre étude très intéressante d’Éric Debarbieux (2003) montre que même si la tendance confirme l’impact des caractéristiques socio-économiques sur la violence en milieu scolaire, certaines écoles situées dans des quartiers extrêmement défavorisés  ont de meilleurs résultats en termes d’indice de climat scolaire que des écoles plus favorisées. Ces écoles ont développé une culture qui ne tolère aucune manifestation d’agressivité de la part des adultes et des élèves et ont des équipes qui travaillent dans la concertation, qui interviennent en cas de problème et réduisent ainsi la possibilité que les agresseurs développent un sentiment d’impunité qui les conduirait à intensifier leurs activités.


Et vous ? Que comptez– vous faire dans votre école ?












L'intimidation: les complications...


Le silence des enfants témoins contribue à donner le pouvoir aux agresseurs. Les témoins approuvent le choix de la victime d’une certaine manière par leur passivité, par leur silence ou bien par leur participation active, même si elle n’est qu’occasionnelle. Ils sont soulagés que ce soit quelqu’un d’autre qui soit le souffre-douleur (Connoly, J et Pelper, D.J, 1997 )

Les études indiquent qu’à la longue, les élèves qui subissent à répétitions les agressions et l’intimidation de la part de d’autres enfants sont plus à risque de souffrir de dépression et peuvent même en venir à considération le suicide comme la seule solution possible (Olafsen et Viemerö, 2000)


Des complications:


L’anxiété                                                                                                                                               
L’anxiété est un sentiment de peur qu’un individu peut ressentir  lorsqu’il fait face à un danger. Dans certains cas, ce sentiment peut être salutaire et nous sauver la vie car il active nos mécanismes de défense. Cette peur peut aussi nous aider à anticiper certains dangers ou certaines situations dangereuses. À l’extrême et dans des situations où cette peur est incontrôlée ou lorsqu’un  individu est incapable de contrôler cette émotion qui devient envahissante, elle s’appelle l’anxiété. L’anxiété peut aller de l’inquiétude jusqu’à la panique. Habituellement dans la majorité des cas d’anxiété tout revient à la normale après quelques temps. Cependant, lorsque cette situation perdure trop longtemps elle peut devenir problématique et nuire au développement de l’enfant et à son fonctionnement scolaire et social.

L’absentéisme                                                                                                                                                        Dans le même sens,  il semble qu’une victime sur cinq (Sharp et Thompson, 1992) a tendance à s’absenter pour ne pas affronter leur agresseur. D’autres études confirment davantage le phénomène, (De Rosier et al. 1994), ont évalué 3 cohortes d’élèves sur 4 ans et ont révélé que les enfants victimes d’intimidation avaient des taux d’absentéisme plus élevés que les autres et ont de moins bons résultats aux tests scolaires que les élèves qui ne sont pas rejetés, ce qui confirme ainsi les travaux de Nielson et Gerber (1979).
Ces mêmes résultats rejoignent également les conclusions sur la dépression et l’anxiété et les résultats de recherche au sujet du décrochage scolaire selon lesquels la dépression et l’anxiété est plus fréquente chez les absentéistes (Fortin et al. 2000; Choquet et Hassler, 1997; Nielsen et Gerber, 1979)

Séquelles physiques                                                                                                                                                 La violence peut aussi avoir un impact sur le physique et affecte le métabolisme et les défenses immunitaires. Les victimes mais aussi les témoins de violences peuvent souffrir d’un arrêt de croissance, et de divers symptômes tels que  vomissements, évanouissement, maux de tête, de ventre, problème de vue, insomnie (Williams et al., 1996).

Des séquelles à long terme                                                                                                                                        Les complications des troubles anxieux peuvent donner lieu au refus d’aller à l’école dans la deuxième enfance (7-12 ans) et à l’adolescence. La dépression, l’alcoolisme ou l’abus de drogues à l’adolescence constituent également des complications des différents problèmes anxieux et sont aussi souvent associés à des plaintes somatiques, aux difficultés d’attention, à l’agressivité, aux troubles de la personnalité et aux comportements antisociaux graves. (Robichaud, Maria G.R., 2003). Le fait d’être victime, agresseur ou encore témoin d’actes d’intimidation à l’école peut avoir à long terme des séquelles importantes, causer des problèmes divers et même être à l’origine de problèmes de santé 

Qui sont les cibles?

Les cibles passives:
· Les enfants gênés.
· Les enfants traumatisés.
· Les enfants physiquement faibles ou petits.

Les cibles qui provoquent:
· Les enfants qui recherchent l ’attention.
· Les enfants qui recherchent l ’excitation.
· Les enfants qui recherchent la vengeance.

Habiletés à développer
Enseigner des habiletés à la victime, comme:
· L’affirmation de soi: posture, démarche, contact visuel.
· Message en « je ».  Communication directe, honnête, respectueuse et non provocatrice.  Même si l’autre n’écoute pas, on se sent mieux.
· L’estime de soi, le doute, la peur de la critique: Louanger pour des succès et des comportements précis.
· Encourager une attitude positive et optimiste (ne pas la laisser se déprécier).
· Importance de parler
· Comment se faire des amis… entouré, on a moins de chance d’être intimidé.
· Éviter tout contact physique.
· Parler à l’intimidateur quand il n’y a pas d’auditoire.

Parfois s’affirmer n’est pas un choix sage:
· Quand il est menacé de violence physique.
· Quand il fait face à un groupe.
· Quand il ne se sent pas en sécurité.

Dans de tels cas, il vaut mieux:
· Demander l’aide d’un adulte.
· Utiliser une manœuvre de distraction.
· S’éloigner de la situation.






dimanche 20 novembre 2011

QUI SONT LES VICTIMES



II est possible que le fait de sentir inférieur crée un malaise que le langage non verbal de la victime laisse paraître; c’est cela que les intimidateurs perçoivent et qui motivent de tels gestes à l’endroit des victimes qui affichent bien malgré eux une fragilité et une vulnérabilité...

Les élèves qui ont des difficultés d’apprentissages et des résultats scolaires plus faibles, semblent être plus souvent intimidés que les autres. Le stress supplémentaire occasionné par les actes intimidants à leur égard contribue à faire augmenter les difficultés scolaires. Ceci a pour effet de placer les élèves dans une spirale sans fin et à créer encore plus d’intimidation à leur égard. D’autres enfants qui présentent des troubles de langage parfois même mineurs par exemple peuvent développer des comportements à caractères violents. Ce n’est pas tant les troubles de langages que les échecs scolaires répétés, l’étiquetage et le rejet par les pairs qui contribuent à accentuer ce problème Un fait très important et surtout très intéressant est que plusieurs victimes pensent que les différences physiques perçues comme des défauts sont la source de leur problème et de leur malheur, ce qui à prime abord semble logique.

Selon des études d’Olweus (Olweus 1999 : voir Blaya ,2006) en Norvège, les défauts physiques jouent un rôle moins important dans l’origine des problèmes d’intimidation que l’on puisse croire. Selon l’auteur, le vrai problème est que les victimes accordent trop et donnent trop d’importance à leur différences physiques et se sentent inférieures. Selon ce que mentionne Olweus dans Violences entre élèves, harcèlements et brutalités. Les faits et les solutions (Paris, 1999, p.38), il est possible que le fait de sentir inférieur crée un malaise que le langage non verbal de la victime laisse paraître; c’est cela que les intimidateurs perçoivent et qui motivent de tels gestes à l’endroit des victimes qui affichent bien malgré eux une fragilité et une vulnérabilité. Si cela s’avère être la vérité, il faudrait dans nos écoles, revoir complètement nos modes d’interventions auprès des victimes. Il faudrait s’attarder à d’autres facteurs et avoir une meilleure compréhension des caractéristiques sociales, familiales et affectives des élèves intimidés. Les enfants intimidés sont souvent seuls, ils n’ont pas beaucoup d’amis. Parfois ces enfants choisissent de se tenir à l’écart pour éviter d’être brutalisés ou ridiculisés. Dans d’autres moments, ils ne sont pas au bon endroit au bon moment. Par exemple, un enfant venant d’une famille moins favorisée se retrouvant dans une école d’un quartier plus favorisé aura certainement plus de difficulté à être accepté par le groupe surtout si celui-ci semble être mal à l’aise de sa différence. Le contraire est également vrai. Par exemple, un enfant provenant d’une famille où la connaissance académique, la culture et la langue sont valorisées aura plus de difficulté à être accepté dans une école où le milieu socioéconomique est plus faible et où le niveau de scolarité des parents est plus faible. Il suffit d’avoir passé quelques années en salle de classe pour avoir été témoin de ce phénomène. C’est souvent le problème des premiers de classe et des élèves qui s’expriment mieux que la moyenne. Toé t’es un téteu, t’es le chouchou du prof.

Le manque d’habiletés sociales vient aussi s’ajouter comme un des facteurs déterminants dans le phénomène complexe qu’est l’intimidation. Un élève timide aura de la difficulté à se faire des amis et à se créer un réseau social. Ceci aura pour résultat de l’isoler donc de le rendre encore plus vulnérable à l’intimidation. Si par malheur il est agressé directement ou indirectement par d’autres élèves, il se refermera davantage ce qui pourra en bout de compte faire de lui un bouc émissaire, un souffre-douleur et une cible facile. Les enfants qui ont été victimes de violence (familiale, environnement violent comme la guerre au Liban et le génocide rwandais) présentent pour la plupart des troubles d’anxiété et des lacunes aux niveaux de certaines habiletés. Par exemple, certains enfants qui n’arrivent pas à verbaliser des émotions gênantes ou envahissantes développent des comportements violents et problématiques. Ce manque d’habileté se transforme souvent en quête de vengeance ou en quête de pouvoir et peut même mener à des agressions sérieuses dans le sens où ces comportements s’avèrent être une violence réactionnelle, dans le sens qu’ils soient des mécanismes de défenses.


D’autres enfants présentent un manque d’habileté concernant l’autorégulation des émotions. Ils sont incapables de contrôler des émotions de peur et ils sont complètement paralysés par des émotions envahissantes, donc ils sont encore plus vulnérables que les autres enfants face au phénomène de l’intimidation. Un autre problème est que les enfants victimes d’intimidation finissent par eux-mêmes devenir des agresseurs. Par nécessité de se défendre, ils adoptent des comportements violents verbalement et même physiquement.

Les enfants témoins des agressions peuvent aussi choisir d’agresser d’autres élèves plus fragiles pour éviter de devenir eux-mêmes des victimes.

mercredi 16 novembre 2011

QUI SONT LES INTIMIDATEURS ?

Pour bien comprendre l’ampleur et la complexité des liens entre l’intimidation, les résultats scolaires et les caractéristiques socio affectives des élèves il faudrait aussi s’intéresser à l’agressivité et à certaines caractéristiques des intimidateurs. Les facteurs génétiques, l’environnement familial et le milieu scolaire et autres facteurs contextuels peuvent être déterminants dans toute cette dynamique complexe.


Les déterminants génétiques sont très importants et ont une incidence majeure dans le développement d’un individu. Le sexe, la couleur de la peau, les yeux, les cheveux et l’existence de plus de 7000 maladies génétiques et plusieurs autres facteurs peuvent être déterminés et influencés par le code génétique des parents qu’hérite un enfant.

Les recherches sur les causes biologiques de l'agression sont nombreuses. Des études sur les influences génétiques ont par exemple permis de constater que la proportion de criminels était plus élevée parmi les hommes dont les parents biologiques étaient des criminels (Lytton, 1990). D’autres avancent que les hommes sont plus susceptibles d'être agressifs que les femmes probablement à cause des niveaux plus élevés de testostérone et de la présence du chromosome Y. Des déficiences biologiques acquises peuvent également influencer le comportement d’un enfant. Des facteurs défavorables peuvent agir sur le foetus et prédisposer l'enfant à naître à l'impulsivité, à l'hyperactivité et à l'agressivité. Par exemple, l'absence de certains éléments nutritifs essentiels durant les périodes critiques du développement ou encore une exposition à des substances toxiques (par ex., alcool, plomb, drogues) peut entraîner des déficits ou des perturbations sur le plan cognitif et sur celui du comportement.

Ces déficits peuvent entraîner de nombreuses conséquences, comme un manque de coordination motrice, une faible intelligence, l'hyperactivité, des troubles du langage, l'impulsivité, des problèmes de maîtrise de soi, une faible tolérance à la frustration, des déficiences sur le plan du traitement de l'information sociale et des difficultés d'apprentissage. Ces mêmes caractéristiques constituent des indices de l'agressivité chez les enfants. (Earlscourt Child and Family Centre., 1995). Certains enfants qui ont de la difficulté à gérer ou à verbaliser leur colère peuvent également développer des comportements déviants ou agressifs. Une combinaison des facteurs biologiques des facteurs liés à l’environnement peuvent également mener des enfants à adopter des comportements violents.


Plusieurs recherches sont en contradiction lorsqu’il s’agit d’anxiété et de l’estime de soi chez les intimidateurs. Olweus (Olweus, 1994) mentionne que les agresseurs ont une forte personnalité, une bonne estime de soi, sont populaire dans leur école et ne souffrent pas d’anxiété. O’Moore et Kirkham (O’Moore et Kirkham 2001), mentionnent plutôt que les agresseurs ont tendance à avoir une faible estime de soi et de l’anxiété quant à leurs capacités intellectuelles, leur apparence physique et leur popularité. Dans le même sens, (Wolke et al. 1996) ont mis en évidence que les harceleurs aimaient aller à l’école, étaient rarement absents, n’avaient pas de problèmes cognitifs et étaient suffisamment intelligents pour ne pas se faire remarquer ni identifier comme agresseurs par les adultes. Notamment en ce qui concerne les maltraitances indirectes comme l’ostracisme et la rumeur, les élèves en question, ayant développé suffisamment de compétences sociales pour manipuler les autres (Blaya, Catherine, 2006).

Selon Boris Cyrulnik, un parent qui est vit avec un traumatisme non résolu tutorise l’enfant vers un développement difficile. Ce traumatisme non résolu est souvent accompagné de trous de mémoire ou encore du complexe du déni. Pour l’enfant qui vit avec des parents blessés, ce non-dit et ce mystère angoissant est très lourd à porter. Ce silence provoque souvent une émotion et un sentiment de honte chez l’enfant. Les enfants qui vivent avec ce sentiment d’attachement ambivalent sont souvent difficile à aimer et ils portent en eux le malaise de leurs parents. J’aime ma mère qui m’angoisse et j’ai peur du père que j’aime.

Dans une étude de Pal et Day (1991) on constate que, lorsqu'ils étaient invités à dire pourquoi des élèves se livraient à des actes de brutalité, les répondants donnaient surtout deux raisons. La première était pour bien paraître (63 %) et la deuxième était pour se sentir puissant (58 %). Donc à la lumière de ceci, il semble que les enfants commettent des actes de brutalité pour tenter de s'adapter à un groupe, pour impressionner des amis ou encore pour se donner une réputation de durs. Les chercheurs (Pal et Day) prennent soin de noter que les réponses étaient les mêmes pour les enfants qui se considéraient eux-mêmes comme des tyrans de cour d'école. Un autre fait important qui est souvent oublié est que les enfants qui brutalisent les autres sont souvent eux-mêmes des victimes d'actes de brutalité, ordinairement de la part d'un groupe d'enfants plus âgés.

D’autres facteurs importants contribuent à l'apparition de l'agression et de la violence chez les enfants. La criminalité des parents, le stress familial, la violence au foyer, l'alcoolisme, la toxicomanie, la dépression
d’un des parents, le fait de vivre dans un quartier à taux élevé de criminalité, l’absence d’un des deux parents, l'absence d'un réseau social d'amis et la surabondance de la violence dans les médias de divertissement et d'information.

mardi 15 novembre 2011

BRISER LE SILENCE

Pour réussir à contrer la violence en milieu scolaire et ses effets négatifs sur l’apprentissage et sur la qualité de la vie des élèves, il est vraiment important de comprendre la source et l’origine de la violence. Connaître
les motifs qui se cachent derrière les comportements violents est un bon point de départ. Ceci est un défi de taille et complexe qui ne doit pas se limiter à des clichés et à une facilité intellectuelle.

Comme nous l’avons déjà mentionné précédemment, à part le problème de définition, il existe également d’autres variables qui peuvent expliquer le décalage entre la réalité de l’intimidation, la violence scolaire et les statistiques administratives. Une des raisons est la sous déclaration des incidents à caractères violents qui pourrait peut-être s’expliquer par des raisons de réputation et une question d’image d’une école ou encore d’un conseil ou d’une commission scolaire. Une autre raison qui pourrait également expliquer ce décalage est liée à la peur des victimes qui décident de ne pas témoigner par peur de représailles.

Malheureusement pour ces dernières, la loi du silence et le repli sur soi contribue souvent à faire perdurer le cercle vicieux de l’intimidation. Finalement, les préjugés culturels et les différences de perception dans la définition des faits violents et de l’intimidation sont tous des facteurs qui contribuent à rendre l’étude de ce phénomène encore plus complexe.

Pour certains enseignants, les brimades et les chicanes entre enfants sont normales et font partie de la vie et du processus d’apprentissage des enfants. Trop souvent, l’école a tendance à accorder toute l’attention aux enfants agressifs et aux comportements problématiques. L’école s’occupe de ces écarts bien visibles lorsque ces écarts de conduites ont lieu sur la propriété de l’école. À l’opposé, les victimes qui ont souvent des comportements intériorisés sont seules et souvent ignorées surtout lorsque la violence et l’intimidation a lieu à l’extérieur de la propriété de l’école. Pour d’autres enseignants peut-être plus conscients, ce problème mérite une attention immédiate. Il faut imposer des limites claires en matière de comportements agressifs, harmoniser les pratiques de gestion des comportements problématiques et favoriser des valeurs comme la coopération, la conscience du bien-être de l’autre, de la collectivité et assurer la protection des plus faibles surtout dans l’environnement scolaire. Il existe plusieurs solutions, le mieux à faire c’est d’en parler, le pire c’est de ne rien faire.

Le meilleur outil pour combattre l’intimidation est la parole. Dire les choses, parler, dénoncer s’avèrent de très bons moyens pour permettre de faire cesser de tourner ce cercle vicieux engendré par la violence. Malheureusement cette solution qui semble pourtant si simple est difficile et parfois même impossible pour les enfants qui subissent l’isolement et les violences sournoises de l’intimidation. Certains enfants à cause d’une faible estime d’eux-mêmes ont tendance à croire qu’ils méritent leur sort. D’autres ont peur de parler tandis que certains enfants ne savent pas par où commencer. ll faut même avouer que parfois des enfants ont osé parler et qu’ils n’ont pas été pris au sérieux ou encore que les interventions adoptées par les parents et par l’école n’ont pas eu les effets escomptés et ont même contribué à empirer les choses.

Si parler est difficile même pour les enfants qui ne vivent pas de traumatisme à l’école, vaincre la peur et l’isolement pour un enfant victime d’intimidation est encore plus difficile.

samedi 12 novembre 2011

La violence... desperceptions changeantes

La violence… des perceptions changeantes.
L’intimidation est bien réelle et présente dans les écoles et ce, depuis toujours. Comment se fait-il que nous
commençons maintenant à nous intéresser plus sérieusement à ce phénomène? Il semble avoir une prise de conscience sociale récente face à ce phénomène et une volonté collective d’agir. Pour arriver à véritablement contrer ce problème il faut chercher à comprendre les origines, les facteurs qui causent l’intimidation et comprendre comment un individu devient soit une victime ou un agresseur ou encore un simple témoin.

Afin de trouver et de comprendre les origines de l’intimidation, il faudrait peut-être remonter jusqu’à l’arrivée des premiers hominidés ou encore observer le comportement de certains animaux. Les animaux entre eux dans des rapports de dominants ou de dominés cherchent tout simplement à établir une hiérarchie des pouvoirs. Parfois le pouvoir peut-être lié à la force du plus fort ou à d’autres moments à la force collective du groupe contre un individu. En appliquant ce principe,nous pouvons peut-être croire que <> (Pavlocic, 1999). Mais aujourd’hui où en sommes-nous vraiment? Quelle est la situation au Canada et particulièrement en Ontario ?

La tradition scolaire depuis plus d’un siècle est avant tout axée sur la protection des enfants. L’école doit être un lieu qui permet aux enfants de réussir afin que ces derniers puissent devenir des citoyens actifs et engagés contribuant à la croissance et la richesse de la société. La valorisation et la nécessité de poursuivre des études secondaires pour atteindre les buts mentionnés plus haut ont aussi pour effet de créer une diversité d’élèves à l’école. L’école ne se limite plus seulement à faire de l’instruction,elle a également héritée de nouvelles responsabilités sociales. Cette évolution constitue un véritable progrès de la société, qui exige que les enfants et les adolescents soient protégés et respectés et que les plus forts n’abusent pas les plus faibles.

Selon Defrance et Vivet , ces changements de mentalités et de tolérance vis-à-vis la violence sont réels et graduels et peuvent peut-être donner l’impression que la violence augmente sans cesse. <> (Defrance B.et Vivet P ,2000). D’après une étude du début des années 1990 concernant 850 élèves ontariens de la 6e à la 9e années, 45 % de ces derniers auraient dit qu'il existait à leur école assez ou beaucoup de violence, tandis que 29 % affirmaient se sentir parfois en sécurité ou ne se sentir jamais en sécurité à l'école (Ryan, Matthews et Banner, 1993.

D’autres études vont plutôt dans le sens contraire. Par exemple, une enquête menée auprès d’élèves de Niagara dans le sud de l’Ontario constate que la grande majorité des élèves se sentent en sécurité et ne s’inquiètent pas pour autant de leur sécurité à l’école (Rodgers, 1993 ). Nous pouvons nous poser la question s’il existe des différences de perception qui s’expliquent par divers facteurs tels que l’environnement, le climat scolaire, le niveau socioéconomique et peut-être par une méconnaissance des facteurs de risques internes et externes spécifiques aux différentes écoles.

Des perceptions différentes
Il existe des préjugés culturels et une différence de perception dans la définition des faits violents.Bagarre ou tiraillerie? Insulte ou taquinerie? Qui a tort, qui a raison? Est-ce vraiment de la violence ou est-ce tout simplement de petites chicanes de cours d’écoles normales ? Exclusion, violence indirecte et psychologique ou encore chicanes de petites filles ?

À ce sujet, une étude de Catherine Blaya (Blaya, 2001) montre une différence de la perception de l’intimidation ou encore l’absence d’une définition commune de l’intimidation entre les élèves et les acteurs du système éducatifs c’est-à-dire, les enseignants, la direction et les adultes en général. Elle mentionne que c’est ce qui complique et explique les difficultés liées à l’interprétation des résultats et de l’étude du phénomène en général. À part le problème de définition,il existe également d’autres variables qui peuvent expliquer le décalage entre la réalité de la violence scolaire et les statistiques administratives. Une des raisons est la sous déclaration des incidents à caractères violents qui pourrait peut-être s’expliquer par des raisons de réputation d’une école et une question d’image.

dimanche 6 novembre 2011

Semaine de la sensibilisation et de prévention de l'intimidation

Bonjour, je publierai dans les prochaines semaines des textes et extraits de texte qui seront en lien avec la semaine de la sensibilisation et de prévention de l'intimidation-cyberintimidation. Je vous invite à les partager dans vos réseaux. Je vous invite également à appuyer le projet Uni-Son et à vous rendre à http://www.projetuni-son.com/ pour écouter des extraits de chansons et les partager dans vos réseaux (thèmes et textes en lien avec la prévention de l'intimidation et la santé mentale). Uni-Son appui également Jeunesse J'écoute. Pour de plus amples informations communiquer avec M. Normand Couture à grooveregulator@rogers.com /

Les écoles du CEPEO organiseront également des activités de sensibilisation à chaque jour lors de cette semaine qui aura lieu du 14 au 19 novembre. À suivre sur Facebook, sur Twitter ou sur www.cepeo.on.ca

L’intimidation ? Ça existe mais... pas dans mon école !!!

Dans une étude comparative sur le climat scolaire menée en 2001 par Catherine Blaya et Éric Debarbieux, 30% des élèves participant à l’étude ont déclaré déjà avoir été victimes d’intimidation. Ce qui est intéressant dans ce cas c’est que seulement 8% des jeunes avaient été victimes d’intimidation tel que défini par
les chercheurs, ce qui vient renforcer le fait qu’il n’y a pas de consensus concernant une définition commune et que la définition de la violence est trop limitée.

L’intimidation est une forme de violence qui afflige plusieurs élèves qui se rendent à l’école à chaque jour partout dans le monde. Certains en seront victimes quelques fois et d’autres deviendront de véritables souffre-douleur, des victimes silencieuses et résignées à endurer les séquelles à long terme de ses agissements. Cette forme de violence sournoise et souvent très difficile à déceler porte plusieurs noms et prend différentes formes. Microviolences, victimisation,
harcèlement, brimades en Belgique, school bullying en France, bullying pour les anglophones, intimidation au Québec et au Canada français.

L’intimidation : une définition
Il s’agit d’un ensemble de comportements abusifs qui ont comme objectifs de nuire à la victime de différentes façons. Ce harcèlement peut avoir différentes formes,
être perpétrés par un ou par plusieurs agresseurs à l’encontre d’une victime qui est généralement incapable de se défendre.

Le problème de définition
Actuellement, il n’existe pas de consensus concernant une définition commune de ce qu’on entend par la violence dans le milieu de l’éducation mais il est facile de comprendre qu’il existe différentes formes de violences qui affectent le milieu scolaire. Violence familiale, violence économique, violence sociale, violence sexuelle, violence physique ou psychologique, violence directe ou indirecte, la violence n’arrive jamais seule. Elle a une histoire et elle prend une forme différente selon les différents milieux et selon les dynamiques et les structures des écoles qu’elle affecte. La violence physique et les agressions directes ne sont pas les formes de violences les plus présentes à l’école contrairement à ce que plusieurs pourraient croire. Les formes de violences psychologiques, les agressions indirectes et l’intimidation sont les formes de violences les plus fréquentes en milieu scolaire. La croyance populaire que les écoles sont de plus violentes, s’explique peut-être par l’exagération et l’amplification du phénomène par les médias. Malgré cette constatation, il n’en demeure pas moins que l’intimidation et
la violence sont bien présente dans les écoles.

À suivre cette semaine...

vendredi 7 janvier 2011

Les problèmes d'adaptation scolaire (Facteurs de risque...partie 3)

Les problèmes d’inadaptation scolaire
Les problèmes d’inadaptation scolaire peuvent être causés par plusieurs facteurs et prendre différentes formes. Certains jeunes peuvent vivre plusieurs de ces difficultés en même temps, ce qui rend leur passage à l’école encore plus difficile. Parmi une multitude de difficultés d’adaptation ou d’apprentissage rencontrées en milieu scolaire il y a certainement des difficultés qui rendent les jeunes encore plus à risque. Les difficultés interpersonnelles et intrapersonnelles, les troubles de comportement, les problèmes de toxicomanie, des problèmes de délinquance, les troubles de santé mentale, la détresse émotive, l’anxiété et l’évitement scolaire, la violence et l’intimidation, les difficultés d’apprentissage, des handicaps physiques, l’autisme, le syndrome d’asperger et diverses anomalies peuvent provoquer une accumulation de conditions négatives ou défavorables qui ont même comme effet de perpétuer les difficultés d’adaptation dans l’après vie scolaire.

Des études telles que Kokko et Pulkkinen (2000) avancent que le dysfonctionnement scolaire joue un rôle important dans les problèmes liés à l’inadaptation sociale. Pour ceux et celles qui s’intéresse aux jeunes à risque qui vivent des problèmes avec la justice et la criminalité, l’étude de Lanctôt (2005), tente de vérifier si l’adaptation scolaire des jeunes judiciarisés est associée à leur adaptation personnelle et sociale au début de l’âge adulte. Les résultats indiquent que les problèmes d’inadaptation scolaires sont accompagnés d’attitudes et de comportements déviants chez les garçons tandis que les filles ont plus tendances à vivre des difficultés intériosées qui s’ajoutent aux difficultés scolaires. Donc, il n’est pas dangereux de croire qu’une enfance en difficulté risque fort bien de perdurer à l’âge adulte.

L’élève qui présente un trouble de comportement est un élève qui a un comportement agressif, destructeur et est très souvent de nature antisociale. L’élève présente ces comportements inappropriés avec une intensité et une fréquence élevée de façon persistante dans différents contextes. Ces comportements doivent avoir été observés en milieu scolaire et se répéter malgré les mesures d’aides proposées. Les troubles peuvent être externalisées ou internalisés et êtres accompagnées de d’autres troubles connexes. Selon des données du Ministère de l’Éducation de 1999, la proportion des élèves ayant des troubles du comportement serait de 2,40 % (Leblanc 2007).

Pour Fortin et Noël (1993), plusieurs élèves aux prises avec des troubles du comportement au primaire sont majoritairement très inattentifs en classe. Beaucoup développent des comportements sont souvent incompatibles avec l'apprentissage scolaire et contribuent à dégrader l'atmosphère de la classe. La majorité des élèves qui manifestent des troubles du comportement éprouvent aussi des difficultés d'apprentissage. (Fortin, Toupin, Pauzé, Déry et Mercier, 1996). Selon ( Eggert et Herting, 1993) ces jeunes, qui ont moins d'aspirations scolaires que d’autres, rechercheraient des sensations fortes, seraient portés à agresser plus fréquemment et à intimider d’autres jeunes ce qui fait en sorte que ces jeunes sont beaucoup plus à risque de se retrouver dans un gang de rue. Les relations des élèves en troubles du comportement avec leurs compagnons sont souvent caractérisées par de des échanges sociaux plus difficiles, de l'intimidation et des tentatives de forcer les autres à se soumettre par la force (Walker, Colvin et Ramsey, 1995). Il arrive assez souvent que ces mêmes jeunes présentent aussi des lacunes importantes sur le plan des habiletés sociales (Fortin et Favre, 1999), ce qui compliquent davantage leurs perspectives d’avenir et les mènent plus souvent que ceux qui ont un parcours plus normal, vers la délinquance et les milieux criminels des gangs de rues. Certains délits et la consommation de drogues douces sont souvent associés à l'appartenance de ces jeunes à la culture adolescente mais pour la grande majorité, ces expériences sont plutôt de nature passagères et seraient plutôt une forme d'exploration sociale. Avec le temps la majorité des jeunes qui ont des conduites antisociales développent un mode de fonctionnement adapté et approuvé dans leur entourage socioculturel (Farrington, 1989, 1996) et à Montréal (Frechette et LeBlanc, 1987). Ce n’est malheureusement pas le cas des autres. C’est alors que l’école pourrait intervenir le plus tôt possible dans le développement de ces jeunes pour tenter de contrer ou de limiter ces facteurs de risque.

L’école est un lieu où les jeunes vivent des interactions sociales très diversifiées qui jouent un rôle fondamental dans la construction de leurs compétences individuelle. Selon Gottlieb (1991), ce sont ces interactions avec des partenaires sociaux qui fournissent une source d'information essentielle qui régularisent le fonctionnement de l'individu. Malheureusement c’est également à l’école que se manifestent aussi les difficultés d’adaptations, les problèmes au niveau du comportement et au niveau social. Selon Reeves (1993) et Marzano (2003), le climat de classe et les interactions entre l'enseignant et l'élève ont, un effet sur la réussite scolaire et sur l'engagement du jeune dans ses activités sociales et scolaires. Selon d’autres études telles que (Johnson et Cohen 1990), le climat de l'école pourrait contribuer à augmenter les déficits de l'attention, les troubles oppositionnels et les troubles du comportement des élèves. De plus, certains conflits au sein de l'école favoriseraient chez les élèves l'expression de comportements antisociaux. Comme le montrent ces études, l'école peut elle aussi être un facteur de risque et contribuer au développement des troubles du comportement.

Les enfants qui vivent des difficultés d’adaptation ou qui sont en situation d’échec ont souvent recours à des explications semblables pour rendre compte de leur difficultés. J’ai échoué parce que mes professeurs étaient incompétents, on m’a posé des questions qui n’étaient pas dans le cours ou encore, je ne peux pas m’empêcher de penser que les maths c’est plate. Je ne peux m’empêcher d’être plus ou moins d’accord avec la dernière mais pour arriver à comprendre et à aider il faut lier à ces attitudes (mécanismes de défense) à une faible estime de soi accompagnée d’un sentiment de faible efficacité personnelle. L’école est un endroit qui permet à l’élève de trouver des réponses à des questions qu’il se pose sur lui-même et sur son environnement. L’école c’est aussi un endroit où un élève peut sombrer et trouver une confirmation des images négatives qu’il a l’égard de lui-même. Un enseignant qui a la capacité de devenir un tuteur de résilience pour un élève à risque doit donc avoir une empathie qui va au-delà de la pédagogie. De plus, l’élève doit pouvoir arriver à prendre conscience et à comprendre que certaines de ses stratégies sont inefficaces et même parfois inappropriées, il doit y renoncer pour en adopter d’autres. C’est alors que prends toute l’importance de la présence d’un adulte bienveillant qui aiderait le sujet à se défaire de ses difficultés.