jeudi 6 janvier 2011

Les facteurs de risque (suite...) Le problème des gangs de rue

Le problème des gangs de rue, la situation à Ottawa
Une collectivité fait appel à la police lorsqu’elle voit apparaître les premiers signes de problèmes de gangs de jeunes. L’école est également témoin de ces premiers signes cependant, il existe beaucoup d’ignorance entourant toute cette question et il faut également mentionner que certains enseignants et enseignantes n’ont pas les outils pour agir tandis que d’autres ont tout simplement peur. Pourtant l’école est une solution à moyen terme qui nous permettra de contrer ou du moins de limiter ce problème social. La première chose à faire dans ce cas-ci et ce, afin de bien diriger et structurer nos interventions serait d’avoir une définition commune d’un gang et d’une idée claire des différents rôles que peuvent y occuper les jeunes à risque de nos écoles.

L’étude de Robert Gordon de l’Université Simon Fraser en Colombie –Britannique qui s’est consacrée à la question dans le grand Vancouver en 1997, propose les définitions suivantes :

• organisations criminelles – gangs ayant une structure formelle et un haut degré de complexité

• gangs des rues – groupes semi-structurés de jeunes et de jeunes adultes qui se livrent à des activités criminelles planifiées et lucratives ou à de la violence contre des gangs rivaux

• groupes d’allégeance – groupes non structurés de jeunes qui ont des activités sociales spontanées et qui se livrent à des actes criminels impulsifs, notamment à des actes de violence collective contre d’autres groupes de jeunes.

Le schéma de la page suivante tente de montrer les différences entre ces groupes et surtout montrer que l’entrée dans un gang est un processus graduel. Il y a une certaine fluidité et une évolution comportementale d’un jeune qui se joint à ce genre de groupes. Il y a souvent plusieurs facteurs qui poussent ce groupe dans une transition vers la délinquance. Nos élèves se retrouvent surtout dans la catégorie des aspirants, un autre pourcentage, plus petit fait partie des groupes d’allégeances et nous avons de bonnes raisons de croire que certains de nos élèves sont liés de très près à des gangs de rues et pourraient même en faire partie.

En proposant un module de formation et un projet d’intervention aurait certainement comme effet de permettre au personnel enseignant des écoles de continuer le travail colossal en matière de prévention qui a déjà été amorcé il y a maintenant quelques années et surtout de pouvoir identifier des jeunes qui seraient plus à risque que d’autres de tomber dans les filets laissés par les groupes criminels autour des écoles dans le but de recruter des élèves plus vulnérables. L’école a certainement un important rôle de prévention à jouer.

L’entrée dans un gang de rue : un processus graduel

Comme c’est le cas pour tous les facteurs de risque, il est important de reconnaître que tous les jeunes à risque n’aboutissent pas dans des organisations criminelles et n’entrent pas forcément dans des gangs. Les jeunes sont attirés vers ce mode de vie par un réseau de connaissances qui ont des liens avec un gang. Un certain nombre de raisons ont été cernées comme motifs pour se joindre à un gang : sentiment d’appartenance, reconnaissance, appréciation de soi, plaisir, gains financiers. Dans une étude <> on cite une recherche de Pal et Day (1991) qui ont également constaté que, lorsqu'ils étaient invités à dire pourquoi des élèves se livraient à des actes de brutalité, les répondants donnaient surtout deux raisons. La première était pour <> (63 %) et la deuxième était pour <> (58 %).

Prévalence de la criminalité au pays.
En ce qui concerne les gangs de rues, le nombre d’adolescents impliqués dans ces groupes à divers degrés a presque doublé dans la majorité des villes canadiennes depuis 2002.

Selon le rapport de Michael Chettelburg (Now is the Time To Act: Youth Gang Prevention in Ottawa. Final Report to Crime Prevention Ottawa), il est le temps d’agir à Ottawa avant qu’il ne soit trop tard. Les jeunes associés aux gangs de rues ont plus que doublés entre 2002 et 2007. Les crimes associés aux gangs de rues de rues deviennent de plus en plus sérieux lorsque l’on tient compte de l’augmentation de l’âge des jeunes.



À partir de 2005 à Ottawa il y a une augmentation considérable de la violence et des crimes liés aux gangs de rues qui va de pairs avec l’augmentation de l’âge des membres des gangs.

Augmentation de la violence et de l’intimidation, armes vont des fusils, couteaux (la plupart des armes à feu sont volés par jeunes dans les maisons entre 14h et 18h), commerce de drogues et industrie du sexe (strip, escortes, etc.) Beaucoup d’inquiétude causée par une recrudescence de la cocaïne et du CRACK (certains problèmes apparaissent dès la 7e année). Cette drogue a toujours été liée avec la violence et la criminalité

À Ottawa, selon les données de la police d’Ottawa (2005), 55% des membres de gangs de rues ne sont pas nés au pays.10 nationalités sont représentées plus de 10 fois chacune dans le système informatisé de la police d’Ottawa (Canada, Afghanistan, Éthiopie, Liban, Éthiopie, Djibouti, Haïti et Somalie. Il est vraiment important de remarquer que les pays mentionnés ci-dessus ont été aux prises avec des difficultés importantes et des traumatismes collectifs dans les 10 dernières années.

Au Québec, Catherine Besset a déposé une étude en février 2007 qui s’intéresse aux liens qui existent entre l’école, la violence et les gangs de rues. Elle constate à partir de données de 65 écoles québécoises que les gangs de rues ne contribuent pas à faire augmenter la violence à l’école mais elles <>. Les bandes de jeunes criminalisés intimident et ce, sans avoir à multiplier les voies de fait. Bessette mentionne que les parents et les autorités scolaires ont de bonnes raisons de s’inquiéter de la violence à laquelle les élèves sont confrontés et du sentiment d’insécurité qu’ils ressentent. Par exemple, dans le sondage, la très grande majorité des jeunes disent avoir été témoins de batailles (84 %), de menaces (75 %), d’attaques physiques (60 %) ou de vols (60 %). De plus, (34 %) ont déjà vu un jeune porter une arme dans l’école. De façon générale, le taux de jeunes qui ne se sentent pas en sécurité dans leur école est de 28 % et grimpe à 37 % lorsque les lieux extérieurs comme les arrêts d’autobus et même la cour de récréation sont inclut. Les policiers savent très bien contrairement aux enseignants que les bandes utilisent souvent des préadolescents comme guetteurs (look out) et passeurs de drogue (runners) dans le cadre de leurs activités illicites, étant donné que les jeunes enfants de moins de 12 ans au Canada sont à l'abri des poursuites criminelles (Gaustad, 1991; Prothrow-Stith, 1991).

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